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Coût des matériaux à Mayotte

Le 15 juin 2026, le Groupe Élan (Cabinet d’études et de conseils) a présenté, devant la séance plénière du comité de filière du BTP de Mayotte et en présence du nouveau Préfet de Mayotte, les résultats de l’étude sur le coût des matériaux de construction à Mayotte, conduite pour l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR). Au-delà d’un diagnostic, cette étude met entre les mains des décideurs un outil de pilotage inédit, au moment précis où le territoire engage sa reconstruction post-Chido et où la Secrétaire générale pour les affaires régionales (SGAR) souhaite initier, sur le modèle de la Martinique, une démarche d’ensemble pour maîtriser les prix. Récit d’une méthode, d’une démarche et de ce qu’elles ouvrent pour la suite. Un défi : remédier à un cout de construction deux à trois fois plus cher À Mayotte, le coût de la construction a doublé en dix ans et bâtir y revient deux à trois fois plus cher qu’en métropole. Les conséquences sont concrètes : 40 % des marchés publics sont infructueux, faute d’offres compatibles avec les budgets, au moment précis où le territoire doit reconstruire vite et bien, avec un objectif de 24 000 logements en dix ans fixé par la loi de refondation. Comprendre où se forme ce surcoût et donc sur quels leviers agir n’est pas un exercice académique : c’est la condition d’une reconstruction soutenable. Le sujet n’est pas nouveau. Depuis 2014, plusieurs études se sont succédé sur la vie chère et les prix des matériaux à Mayotte ; la plupart de leurs recommandations sont restées lettre morte, faute d’une base chiffrée incontestable pour passer à l’acte. C’est précisément ce verrou que l’étude commandée par l’OPMR a voulu lever : non pas constater une nouvelle fois des écarts de prix, mais décomposer la chaîne de formation des coûts, de l’achat à l’étranger jusqu’à la distribution sur le territoire. Une méthode qui fait référence La portée de l’étude tient d’abord à sa méthode, structurée en trois phases : Caractériser le marché par comparaison des prix entre Mayotte, La Réunion et la métropole, à partir de relevés physiques sur les trois territoires et des données douanières 2020-2024. Analyser la chaîne de valeur de l’importation et de la distribution, maillon par maillon, à partir d’entretiens avec les opérateurs (transitaires, logisticiens, importateurs, producteurs locaux, grands groupes). Formuler des recommandations opérationnelles, hiérarchisées, chiffrées et rattachées chacune à un porteur identifié. L’approche est déclarative, mais elle a été fiabilisée par triangulation : les écarts de prix sont confirmés par le croisement des données statistiques de l’INSEE avec des relevés physiques sur trois territoires. Là où certains opérateurs ont refusé de communiquer leurs coûts de revient, la cohérence d’ensemble des résultats a été vérifiée par recoupement. Le produit final n’est pas seulement un rapport : c’est un modèle de décomposition reproductible, que l’OPMR pourra réutiliser et actualiser dans le temps. C’est là l’apport central : pour la première fois, l’OPMR et les services de l’État disposent d’outils objectifs et reproductibles. Un modèle de chaîne de valeur, une base de prix référencée et une grille de lecture partagée ; là où douze années de constats étaient restées sans levier d’action. Le diagnostic cesse d’être un sujet de polémique pour devenir une base de négociation. Un point mérite enfin d’être souligné : contrairement à des exercices comparables menés ailleurs, les opérateurs mahorais ont globalement joué le jeu. Cette qualité de collaboration confère aux recommandations une légitimité précieuse pour engager l’action collective. La règle des 60/20/20 : un langage commun Le principal apport pédagogique de l’étude tient en trois chiffres. La décomposition du coût d’un matériau livré à Mayotte suit une règle des 60/20/20 : ≈ 60 % : La valeur CAF, c’est-à-dire le prix d’achat international (coût, assurance, fret). C’est le premier poste de surcoût et il dépend des marchés mondiaux, donc peu actionnable localement. ≈ 20 % : La logistique et la fiscalité (acconage, transit, transport, stockage, octroi de mer). ≈ 20 % : Les marges commerciales cumulées sur l’ensemble de la filière. Cette grille de lecture simple offre à tous les acteurs (État, collectivité, fédérations, opérateurs) un langage commun pour situer chaque levier et objectiver les débats. Elle révèle aussi que les marges, souvent au cœur des polémiques, ne pèsent qu’un cinquième du coût : agir efficacement suppose de traiter toute la chaîne, pas un seul maillon. Trois focus qui éclairent les surcoûts Au-delà de la moyenne, l’étude documente des situations très contrastées : Le béton prêt à l’emploi est relevé à 480 €/m³, soit environ trois fois le prix métropolitain et près du double du prix réunionnais à distance équivalente. En cause : la congestion routière, qui limite les camions toupie à un ou deux tours par jour (contre 7 à 8 en conditions normales), la faible capacité des malaxeurs, et un prix du ciment de 200 €/T (contre 100 à 120 € en métropole). Les agrégats sont produits par un duopole, avec des coûts d’extraction renchéris par le recours à l’explosif et des prix supérieurs d’environ 30 %. L’étude établit que leur poids réel dans le coût des travaux atteint environ 15 %, bien au-delà des 2 à 3 % parfois avancés ; un écart qui change la hiérarchie des priorités. Les armatures et treillis soudés subissent des distorsions de prix marquées, liées aux quotas d’importation d’acier (surtaxe de 25 % hors quota) et à l’entrée en vigueur du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) en 2026. Le levier fiscal et le rôle décisif de l’État L’étude met en lumière un point structurant : l’essentiel des marges de manœuvre se situe sur le bloc fiscal, qui relève majoritairement de décisions publiques. La valeur CAF (60 %) n’est pas actionnable localement ; les marges (20 %) appellent transparence et concurrence ; mais c’est sur la logistique et la fiscalité (20 %) que l’action publique peut produire l’effet le plus rapide. Plusieurs exemples l’illustrent. Les tuyaux d’adduction d’eau potable, essentiels aux travaux d’urgence, supportent une taxation de l’ordre de 34 % de leur valeur

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Composer un projet de territoire avec les communes

Construire un projet de territoire intercommunal qui tienne dans la durée, c’est partir de la parole des communes, organiser la matière en une architecture lisible, passer chaque action au crible de la compétence, puis la prioriser dans le temps du mandat. Une conviction que nous portons depuis 25 ans chez Élan, illustrée récemment par notre accompagnement de la Communauté de communes Grand Orb (Hérault). Notre conviction : un projet de territoire ne se descend pas, il se compose Trop souvent, le projet de territoire d’une intercommunalité est élaboré depuis l’instance communautaire vers les communes. La trame est posée par l’exécutif et les services, puis présentée aux maires pour validation. Cette approche descendante a une vertu (la rapidité) et plusieurs défauts : les communes ne s’y retrouvent pas pleinement et la mise en œuvre patine au moment de mobiliser les territoires. Chez Élan, nous croyons à la démarche ascendante (Bottom-up) : nous partons de la parole des communes (dynamiques, enjeux, projets phares, attentes vis-à-vis de l’intercommunalité), pour composer ensemble le récit de territoire. Cela demande du temps, de la méthode et une lucidité partagée sur ce que l’EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) peut porter et ne peut pas porter. C’est cet investissement qui crée le capital de confiancesur lequel reposera l’arbitrage politique de la suite. Un exemple concret avec la Communauté de Communes Grand Orb (23 communes) En 5 semaines, nous avons accompagné la CC Grand Orb (≈20 000 habitants) dans le lancement de son projet de territoire 2026-2032. La démarche a permis de mobiliser 21 communes sur 23 en réunion de secteur : un acquis politique majeur en début de mandat. Notre méthode en 4 temps 1. Une fiche commune en 5 volets, adressée à chaque commune Avant toute réunion collective, nous adressons à chaque commune membre un questionnaire structuré en 5 parties : Panorama chiffré pré-rempli par Élan à partir des données publiques (INSEE, OFGL, Cerema, LOVAC, Sitadel, Filosofi). Caractéristiques, enjeux et problématiques : les mots-clés de la commune par son maire et son équipe. Programme politique du mandat : la vision communale. Tableau de collecte des projets phares : les projets concrets. Attentes vis-à-vis de l’intercommunalité : compétences attendues, mutualisations souhaitées, fonds de concours. 2. Des réunions par bassin de vie : la parole croisée Plutôt qu’une grande réunion plénière qui dilue les voix, nous organisons des réunions par bassin de vie, regroupant 5 à 7 communes. Chaque réunion s’étale sur 3 heures, avec une règle simple : chaque commune, quelle que soit sa taille, dispose du même temps de parole. 3. Un Bureau communautaire de restitution : la lecture transversale Ensuite, nous réunissons le Bureau communautaire pour partager une lecture transversale d’archipel commun, au-delà des singularités sectorielles. La force de ce temps est de faire apparaître l’unité du projet à partir de la diversité des contributions. 4. La structuration de la matière en architecture lisible Toute la richesse remontée des communes appelle ensuite un travail de structuration que nous décrivons dans la suite de l’article : architecture hiérarchique, filtre des 3 niveaux et matrice de priorisation temporelle. C’est ce qui transforme une matière brute en un projet de territoire opérable. Anatomie de la méthode : comment la parole des communes devient un projet opérable ? Trois opérations structurent la transformation : Hiérarchiser la matière (l’architecture en 4 niveaux), Filtrer selon les compétences (D/I/C), Prioriser dans le temps du mandat (4 catégories). Nous les détaillons ci-après en prenant en référence le livrable rendu à la CC Grand Orb (Juin 2026). 1. L’architecture : Axes › Orientations › Actions structurantes › Opérations La parole des communes doit être organisée hiérarchiquement pour devenir lisible et arbitrable. Nous proposons une architecture à 4 niveaux qui permet à chaque commune de se repérer dans le projet d’ensemble : Axes stratégiques – La grande ambition transversale ; un cap qui transcende les politiques sectorielles. Pour Grand Orb : (1) Un territoire qui entreprend et rayonne / (2) Un territoire de santé qui prend soin et accueille / (3) Un territoire résilient et protecteur / (4) Un territoire qui se gouverne et se dote des moyens d’agir. Orientations – La déclinaison thématique de chaque axe ; l’angle de travail concret. Par exemple en AS 1 : Économie de proximité / Agriculture, viticulture & alimentation locale / Destination touristique, patrimoine & sport-nature / Services essentiels & territoire inclusif. Actions structurantes – Le levier de mise en œuvre qui regroupe des opérations sous une logique commune. Codées AS X.Y.Z, elles sont documentées par une description, la liste des opérations rattachées et un tag D/I/C. Opérations – Les projets concrets identifiés par les communes lors des réunions de secteur, chacune reliée à une action structurante. C’est à ce niveau que chaque commune retrouve sa parole, ses projets et ses attentes. Ce que cette architecture rend possible : chaque commune peut suivre son projet de hameau jusqu’à l’axe stratégique qu’il alimente et inversement, chaque axe se documente concrètement par des opérations identifiées sur le terrain. Le récit politique et la réalité communale se rejoignent. 2. Le filtre des 3 niveaux : Mise en perspective avec l’engagement Tout ce qui a été remonté ne peut pas être repris in extenso dans le projet de territoire. Chaque action structurante est passée au crible des 3 niveaux de compétence : D • DYNAMIQUE ENGAGÉE L’action correspond à des politiques déjà portées par l’EPCI dans son champ statutaire (attestées par le Bilan de mandat précédent). Chaque action D est documentée par un encart « Acquis du mandat 2020-2025 – À valoriser et prolonger » qui rappelle les chiffres, dispositifs et dates de la mandature précédente. C’est la promesse de continuité opérationnelle. Exemple › Une action D du livrable : AS 1.2.1 – Service agriculture & guichet unique installations Opérations identifiées par les communes : Guichet unique agricole IC – 32 accompagnements d’installation – Veille foncière agricole (compétence suppl. AP 2023) – Animations en établissements agricoles – Partenariat Chambre d’agriculture. ACQUIS DU MANDAT 2020-2025 – À VALORISER ET PROLONGER Le Service

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Nouveaux élus 2026

Vous venez d’être élu ou réélu. L’énergie est là, la légitimité aussi. Pourtant, l’histoire des collectivités montre que les six premiers mois sont critiques : c’est là que se décide si vous allez piloter votre territoire ou subir l’héritage réglementaire et budgétaire. Deux chantiers, lancés maintenant, changeront la trajectoire de votre mandature.

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